En avant la musique

En avant la musique!

Ghyslain Poisson




Par Ghyslain Poisson


On entend souvent dire qu’au golf il faut avoir un bon transfert de poids pour réussir ses coups. C’est un fait, le transfert de poids est un mouvement qu’il faut apprendre à maîtriser si on veut bien jouer. C’est un atout indéniable, il nous permet d’augmenter la distance de nos coups, il améliore la qualité de notre contact avec la balle, il peut aussi nous aider à corriger la courbure de notre trajectoire (slice).

Mais qu’est-ce qu’on entend par transfert de poids? C’est le passage du poids du corps d’une jambe à l’autre durant l’élan. Durant l’élan arrière, le poids du corps devrait se déplacer vers la jambe arrière (la jambe droite pour un droitier), et lors de la descente, le poids devrait se déplacer vers la jambe avant.

En avant la musique Un exemple courant de transfert de poids se retrouve dans la marche. Pour avancer, on transfère le poids sur une jambe, puis sur l’autre. C’est un des mouvements les plus naturels chez l’être humain. On l’a appris depuis l’âge d’un an et c’est tellement ancré en nous qu’on n’a même plus besoin d’y porter attention pour le faire.

Mais pour certaines personnes, c’est très difficile d’effectuer un transfert de poids tout en frappant une balle de golf. Si vous êtes de ceux-là, voici un exercice simple, que vous pouvez pratiquer dans votre cour arrière.
 
Disposez au sol une dizaine de balles de golf en plastique, à 6 pouces l’une de l’autre, de façon à ce qu’elles forment une belle ligne droite (voir photo). Faites ensuite jouer une musique lente telle une valse. Placez vous dans l’axe des balles, à quelques mètres et commencez à balancer votre bâton de droite à gauche au rythme de la valse. Laissez le poids du corps passer naturellement de la jambe droite à la jambe gauche en suivant le mouvement du swing. Quand vous vous sentez prêts, commencez à marcher droit vers les balles tout en balançant le bâton au rythme de la musique. Swingez une balle après l’autre, sans vous arrêter ni perdre le rythme. Répétez l’exercice jusqu’à ce que vous sentiez que votre transfert de poids se fait naturellement, comme dans la marche. Le truc, c’est de ne pas trop y penser, et de se laisser porter par la musique.

Bonne pratique!


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Le bébé qui n’avait jamais souri


Le bébé qui n’avait jamais souri

Ghyslain Poisson




Par Ghyslain Poisson


Les êtres humains aiment jouer, ils en ont besoin. Cela peut sembler étrange, mais un jeu comme le golf répond à un besoin fondamental chez l'Homme (chez la femme aussi!). Mais qu'est-ce qui nous plaît tant dans l'acte de frapper une balle de golf? Pour tenter de répondre à cette question, un auteur américain, Bob Cullen, a écrit un livre fort intéressant : « Why Golf? ».


Il y relate l'histoire d’un bébé né aveugle qui, souffrant d'un important retard de développement n'avait jamais souri. Des spécialistes du comportement tentèrent de le stimuler par le bruit, à l'aide d’une clochette. BébéSans succès. En désespoir de cause, on relia la clochette à une des chevilles du bébé au moyen d’une corde. Par inadvertance, il bougea la jambe, et la clochette retentit. Il remua encore la jambe, la clochette retentit de nouveau. Jambe-clochette, jambe-clochette. Puis, enfin il sourit. Qu'est-ce qui l’avait fait sourire? Le simple bruit de la clochette? Non, ce qui l’avait fait sourire n'était pas le son de la clochette, mais plutôt le fait qu'il soit, lui, à l’origine du son de la clochette. Il souriait parce qu'il venait de découvrir qu'il pouvait agir sur son environnement, qu'il pouvait le manipuler, le contrôler et il aimait cela.


Cette expérience nous permet de comprendre que les êtres humains éprouvent du plaisir à agir sur leur environnement. Avoir le contrôle leur permet de se sentir compétents et ils adorent ça. Et c'est ce que les golfeurs de tous calibres aiment par-dessus tout : avoir le contrôle de leur balle. C'est tellement agréable de voir sa balle s'envoler droit et loin au centre de l'allée. Ou encore de la voir rouler sur le vert, s'approcher du trou et courber doucement pour disparaître au fond de la coupe.


Mais le contrôle ne s'obtient pas facilement au golf. Le parcours comporte de nombreux obstacles et pour avoir le dessus, il faut faire preuve d’une grande habileté. C'est parfois difficile, frustrant, exaspérant. Et selon moi, c'est très bien comme ça. C'est ce qui fait la difficulté du golf et c'est aussi ce qui fait son charme. C'est ce qui me donne envie de pratiquer, de m'investir, de m'améliorer. Et je sais que cette année encore, j'aurai de nombreuses occasions de m'améliorer. Car mes coups pourront toujours être être plus loin, plus droits, plus précis. J'ai hâte!

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Bâtir sa confiance


Bâtir sa confiance

Ghyslain Poisson




Par Ghyslain Poisson


La confiance en soi est un élément clé du succès sur un parcours de golf. Quand on est en confiance, on est détendu et on joue bien. À l’opposé, quand on a peu confiance on est anxieux, on appréhende certains coups et on cherche des solutions. Tous les golfeurs recherchent la confiance, mais que peut-on faire pour l’obtenir? Comment ça fonctionne?

Qu’est-ce que la confiance?

La confiance c’est une prédiction personnelle et réaliste de nos chances de réussir un coup. Par exemple : j’ai confiance de réussir ce roulé de 2 pieds car je vois que j’ai d’excellentes chances de le réussir. 4 piedsPar contre, j’ai peu confiance de réussir ce coup dans la fosse de sable car j’ai l’impression que je vais le manquer. En termes simples, la confiance c’est notre vision personnelle du futur. Et cette vision du futur est basée sur notre réalité passée.

Peut-on bâtir sa confiance?

Certainement! Voici 3 éléments clés pour y parvenir :

• Pratiquer. La non-confiance prend racine dans vos échecs du passé. Pour retrouver votre confiance, il vous faut connaître le succès. Et c’est par la pratique que vous y parviendrez.

• Évaluer vos résultats. Il n’y a pas d’amélioration possible sans évaluation des résultats. Sinon vous êtes condamné à répéter vos erreurs. Quelles sont les causes de vos erreurs? Le savez-vous? Au besoin, demandez l’aide d’un coach professionnel qui guidera votre pratique. Vous sauverez bien du temps!

• Graduer la difficulté. La confiance, ça se bâtit petit à petit. Débutez par des exercices faciles et progressez graduellement vers des exercices plus difficiles.

Revenir à la base

Voici un exercice de putting qui vous aidera à bâtir votre confiance. Placez 10 balles en cercle à 4 pieds autour du trou. Effectuez chacun des roulés et notez le nombre de balles réussies sur 10. Voici mon interprétation des résultats :

• 3 et moins : vous éprouvez des difficultés et vous avez sérieusement besoin de pratique dans cette partie de votre jeu. Faites de cet exercice votre priorité : votre pointage s’améliorera et votre confiance grandira.

• Entre 4 et 6 : votre taux de réussite est intéressant. Vous êtes habiles, mais vous manquez de constance. Sur le parcours, vous risquez de manquer d’assurance sur les roulés de 4 pieds. Continuez votre pratique afin d’augmenter votre niveau d’efficacité.

• 8 et plus : vous êtes très compétents, bravo! Maintenant c’est dans l’attitude sur le parcours que ça va se jouer. Avant d’exécuter un roulé, rappelez-vous combien vous êtes un bon putter et faites-vous confiance!

Bonne pratique!

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Rebondir

Rebondir

Samedi dernier, j’ai joué 18 trous avec trois gars bien sympathiques. Il faisait un temps superbe, le parcours était beau et on était tous excités de jouer. La partie s’est bien déroulée, chacun
a fait son lot de bons coups et de mauvais. Après la partie, on s’est réunis autour d’une bonne bière, on a additionné notre pointage et on a jasé un peu. Un moment bien agréable, en toute simplicité. Rien d’exceptionnel, mis à part le fait qu’un de mes partenaires de jeu était paraplégique; il se déplace en fauteuil roulant. Il s’appelle Francis Courchesne (voir photo), et il est résident de St-Basile.


Avant l’accident de ski qui l’a privé de ses jambes, Francis était mordu de sport. L’hiver, c’était le ski et l’été le golf. Puis vint une chute en ski, l’hospitalisation, le diagnostic de paraplégie, et la réhabilitation : « ma réhabilitation s’est bien passée, car plutôt que de focusser sur ce que je ne pourrais plus jamais faire, je me suis concentré sur ce que je voulais faire. Et je voulais rejouer
au golf!. À l'hôpital, j’ai demandé à un ami de me brancher Internet dans ma chambre et j’ai effectué des recherches. J’ai alors découvert un fauteuil roulant avec lequel on pouvait jouer au golf (le Paragolfer) et avec l’aide de mes généreux amis, j’en ai acheté un et j’ai entrepris de me remettre au golf ».


Au contact de Francis, j’ai pris conscience qu’une personne qui perd l’usage de ses jambes aura à traverser une période difficile, qu’elle aura à faire des deuils. Le deuil de marcher, de courir ou de jouer au golf. Certains de ces deuils sont inévitables et ça m’arrache le cœur d’en être témoin. D’autres deuils sont optionnels, c’est-à-dire qu’on a le choix de les faire ou non. Francis, lui a refusé de faire le deuil de son golf parce que c’était trop important pour lui. Pour y parvenir, il a dû faire preuve d’une grande détermination.


Aujourd’hui, 5 ans après son accident, il joue au golf avec passion, il s’applique sur chacun de ses coups et il veut bien jouer. Il fait preuve de beaucoup de caractère et lorsqu’il manque un
coup ça l’enrage et il se choque! Lors de notre partie, il a joué 106, son meilleur score depuis son accident. Il en était content… mais pas pleinement satisfait. Comme il le dit, « le golf en fauteuil roulant c’est encore tout nouveau pour moi, je sens que je peux faire mieux car j’ai encore plusieurs choses à améliorer ». Avec une attitude comme celle-là, je gagerais 100 $ qu’il va casser le 100 d’ici la fin de l’été. Merci pour la partie Francis, ce fut un honneur de jouer avec toi!


Francis
Rouville
Centre sportif

Août 2012 © École de golf Ghyslain Poisson